La femme de ménage.

Patron.

J’ai fait faire une très grande promenade à votre demoiselle.

Je lui ai donné une demie boîte de Canigou car je vous signale que vous devez arrêter lui la immédiatement. Si vous ne voulez pas qu’elle vous enduisent le sol de votre appartement d’un magma couleur café au lait très clair ce qui indique que son actuel régime n’est pas le bon.

Ne vous faites pas de soucis, la collectivité fait des stocks de Canigou en prévision de la guerre, semble que vous ne devriez pas en manquer.

Je vous ai fait un brin des pourcentages, histoire de tenir un peu plus longtemps compagnie à demoiselle.

Également, je l’ai enduite de crème à la cortisone puis instillait quelques gouttes dans son nez. La prochaine fois je fais les oreilles.

Elle s’ennuie déjà de vous, patron.

Je vous embrasse !

Signez la femme de ménage.

PS : il est minuit je retourne à mes chauve-souris.



Freud et Simon

Œdipe considérait son père comme l’homme à abattre. Depuis Freud à considéré que le parricide était libérateur pour la construction et l’épanouissement de l’enfant. Tu as été un bon élève car tu ne l’a pas loupé. Il est mort,  mort et bien mort. Mais fallait-il le tuer de la sorte, pense-y. Pense aussi qu’un jour le père ce sera toi.



L’Utopie encore

Se mettent en place sûrement, les structures politiques qui prépareront le grand n’importe quoi des élections de 2017.

Avec l’espoir que le peuple ne pourra accepter, encore, les mesures propices à son asservissement au capital et l’éclosion d’une nouvelle cour des miracles. La dictature du riche reléguant la condition du pauvre à l’état de vermine, image souvent vu dans des films de science fiction,est à notre palier.

J’espère en la réaction et le refus du peuple car si le trou de la couche d’ozone est notre devoir pour les prochaines générations, privilégier le social et l’humanisme est notre devoir pour nous même.

Post Scriptum : (qui est une sorte de nota bene de gauche), Nous sommes plusieurs mois après les élections, Le peuple a voté et maintenant il s’embourbe en regardant s’éloigner la liberté que ses parents avaient acquis au prix de la vie. Et, manifeste dans une ambiance de fête foraine sans trop de conviction ni d’efficacité.

On est mal barré.

 



L’appel de la montagne

Harnachés de mes électrodes, de mes aiguilles à poche et de mes tuyaux d’air parfumé, elle me prenait la main, me caressait le front. Ses bras arboraient les dessins de divinités grecques et romaines. Son regard était doux et fier, son allure affirmée et son âme libre. Elle me parlait avec sourire, elle m’écoutait avec du temps.

Elle m’a dit  » je pars en montagne, viens, rejoint-moi! »



Ton absence

Le portable à la main, je sursaute à la moindre sonnerie, au moindre bip en espérant qu’il s’agit de toi. Ton image est imprimé sur ma rétine, comme en filigrane, me permettant de te voir un peu comme un fantôme, les yeux ouverts ou fermés.

Et je parle à cette image comme si tu m’entendais. Un trou, au milieu du buste, m’oppresse sans cesse rendant chacun de mes instants une lutte douloureuse pour ne pas pleurer, pour ne pas m’effondrer.

Mais quelle chose affreuse, ai-je donc faite pour mériter un tel courroux. Te perdre aurait été la seule chose que je n’aurais pu envisager. Et pourtant.

Je n’ai même pas gardé cette croyance réconfortante qui nous enseignait qu’on aurait pu se retrouver. Et pouvoir attendre, ainsi.

Si la mort peut enfin se définir, c’est essayer de vivre sans toi. Sans garantie d’y parvenir.



Fantasmagorie.

Les flots d’acides jaunes emportent au delà de l’horizon, l’embarcation où il se sont réfugiés pour s’éloigner, pourquoi me fuient-ils ? Je ne comprends pas. Chaque point cardinaux de cette mer démontée, me renvoi à la façon d’un métronome, les voix autoritaires :« Monsieur, ouvrez les yeux! ». Je ne veux pas les ouvrir, je ne veux plus les ouvrir. Sans lui plus rien ne compte. « Serrez-moi la main !« . Sans eux, plus rien n’a d’importance. « Monsieur, monsieur!« .

Une licorne traverse, c’est drôle, ils en parlaient souvent plus jeunes, ils chantaient même : » J’aime les licornes et leur jolie corne… » de concert et dans des éclats de rires.

Je pèse plus lourd et je n’entends plus les voix. C’est le calme, le serein, sans joie, sans tristesse. Est ce que c’est ça ? Est ce que c’est comme ça ?

Soudain la foudre, la fulgurance d’un éclair, Ils sont si loin, ils n’aiment pas l’orage. Puis, des sons, des bips à la façon de ce même métronome, j’ouvre les yeux, je suis toujours aussi lourd, je suis toujours aussi vivant.

Je suis maintenant sans eux et sans envie.



Il reste l’oreiller.

Je suis assis dans mon fauteuil de patriarche déchu, bercé par la lueur d’une lampe à pétrole qui illuminait les soirées de ceux dont  je porte les gênes. Sirotant ce verre d’alcool que je me suis servit en douce de la maisonnée partie rejoindre Morphée ou je ne sais quel faiseur de rêve. Le calme, le silence, le sombre règnent en maître associés aux effets de ce verre divin qui me font utiliser mon clavier avec l’assurance d’un dactylographe arthrosique. 

Un élan schizophrénique me fait discuter avec l’amour de ma vie, allongée sur le canapé. Nous parlons doucement pour laisser les dormeurs dans leurs rêves hystériques, nous sortons en silence serré l’un contre l’autre pour fumer une cigarette.

 Et puis notre conversation s’éteint, cet amour à disparu du canapé, je me lève pour me resservir un deuxième verre, ou un troisième je ne sais plu. Avec la certitude de le retrouver au moment d’aller me coucher.Je me réveillerai le lendemain avec pour toute étreinte amoureuse,  un oreiller blotti dans mes bras et contre mon torse.

Sur cet amour imaginaire, j ai posé mille visages et milles fois je me suis dit que ces visages,  je n’aurais pu les aimer comme ils l’auraient mérités. Mais ces milles visages m’ont donné cet amour incommensurable à leur insu, et, il eut mieux valu.

Et ce même oreiller, au petit matin, qui me renvoie à mon lit. Vide.

 

 



Allongé sur le sol de la cuisine

Mon fils est dans sa chambre, ma mère est dans la sienne. Moi, je m’attache à faire la cuisine, à faire le repas du midi. Posté contre la planche à découper, le tremblement non contrôlé, qui m’avait laissé tranquille, revient. Je me surprends à trembler des mains, des bras, des jambes. Je me bloque, calé contre l’élément de la cuisine et je tremble, frénétiquement sans pouvoir agir et provoquer un calme vital. Me souvenant du conseil de mon médecin, je m’allonge comme je peux, par terre, au milieu de la cuisine. Et j’attends que la crise passe. J’entends des pas dans l’escalier, ma mère descend de sa chambre et me voit allongé au sol. Rien, elle continue ses affaires en me disant quelques mots que je ne comprends pas. Je lui demande de me répéter ce qu’elle vient de me dire, elle s’y refuse et me laisse par terre en me disant :  » vas t allonger sur le canapé ». J’en suis incapable et reste allongé sur le sol en l’observant vaquer à ce qu’elle à envie, sans se soucier si je vais bien. Je me relève encore tremblant et fini le repas, mon fils descend, on passe à table et  nous mangeons normalement, malgré mes muscles endoloris par mes tremblements. Je la regarde manger avec l’espoir fugace qu’elle s’étouffe avec le morceaux de poulet que j’ai fais cuire.

Petit à petit, celle que j’ai aimé plus que tout s’éloigne lentement,  surement, de l’admiration que je lui portais. Je partage ma vie avec une personne âgée qui n’est plus ma mère, mais juste une « vieille » ayant des souvenirs communs.

S’il te plait monsieur, laisse moi partir de la façon qu’il te plaira, ce monde n’est pas fait pour moi, je meurs à petit feu de mon univers souffreteux, laisse moi enfin y mettre fin, une bonne fois pour toute. Car il n’y a pas de thérapie pour retrouver la voie du bonheur, il n’y a pas de bonheur. Il n’y a que des moments heureux fugaces qui entrecoupent une réalité évidente. Celle de ne plus vouloir avoir mal de ne pas être et d’éteindre une supercherie qui permettra enfin d’écrire sur une plaque en cuivre : « that’s all folks » 



J’oublie que…mince j’ai oublié.

« Dans tes écrits, je ne voudrais pas que tu parles de moi, tu comprends il y a des choses dont je ne suis pas fière. Si j’avais su, je ne t aurais jamais mélangé à ma vie privée. »

Tout est dit dans cette supplique, il ne faut pas parler de ce qui a été, ainsi cela n’existe pas. Donc si je ne parle pas de l’ agression, elle n’a jamais existé et donc si je n’ai riens vu de ta détresse c’est normal car il ne s’est rien passé et tes frasques trouveront l’excuse du passage dans l’adolescence, excuse confortable me permettant de ne pas me remettre en question car j’en suis incapable.

Si tu ne parles pas de mon passé, dont je ne suis pas fière, c est que j’en ai honte et donc le taire c’est l’oublier et retrouver une virginité de bonne famille, famille éclatée depuis si longtemps que l’on s’efforce à lui donner une normalité avec en arrière pensée que c’est une vaste fumisterie.

En sort un mot : Fuite. Je fuis mon passé car je ne l’assume pas, je fuis mon présent dans les émissions en exprimant mon indignation de ce que les médias me montrent. Je fuis mon présent car tes souffrances font resurgir mon passé.

Alors tais-toi, ne dis rien. Laisse-moi oublier qui j’ai été, laisse-moi oublier que ton envie de mort est mon échec de ne pas avoir su te donner l’envie de vivre.

Laisse moi oublier que je suis capable, encore, de me souvenir. Laisse moi cette excuse et s’il te plait, parlons de la pluie, des courses, du ménage, des gagnants de jeux télévisés, du vidéo-gag animalier que je regarde en pleine nuit.

Je sais que tu souffres, mais si on n’en parle pas, tu ne souffres plus et je peux m’indigner de tes réactions provoqué par ce Stress Post Traumatique. C’est du chiqué, je dis chiqué car c’est plus facile pour moi de t’imaginer jouant un jeu, que de t’imaginer surmonter une partie, la vie, sans les cartes que j’aurais du te donner et que je n’ai pas fait car je ne les avaient pas non plus.

Je suis vieille, je ne suis plus ce bulldozer d’avant, laisse moi descendre de mon piédestal sans me démunir de mon étiquette de dictateur. Laisse-moi installer un L’Isle de Noé à L’Isle Jourdain. Éteint, par économie, toute les lumières, baisse la musique, ferme la porte des toilettes, cuisine toujours les mêmes plats sans sel, ne boit pas plus d’un verre de vin sinon c’est trop. Laissons s’installer le sombre que ton fils à fui.

Économisons la vie pour ne pas mourir trop tôt même si cela nous donne envie de mourir plus vite.



L’amour d’une mère, oui mais de laquelle.

« Tu vois mon chéri, cette femme, c’est la sœur de notre premier ministre, et l’autre c’est leur mère. Elles ont eu l’accord de Vals pour venir à l’émission. Tu sais, la sœur, elle en a bavé, elle a été violé, elle s’est droguée, elle à mit un temps fou pour s’en sortir. Heureusement quelle avait sa mère qui a été formidable dans l’accompagnement de sa fille ».

Après une crise de tremblement, nous allions ma mère et moi chez Sésame, un magasin social. Je prenais ma canne pour être plus stable et plus rassuré. Je retrouvais Cécile, une vendeuse et amie. Me demandant ce qu’il m’arrivait, on entendait derrière un ricanement et une voix qui disait : »oh, du chiqué ».

No comment.



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