Avis de décès

La famille de Synope et « mon kiki », « toutouille », « panoute », « kracougnou », « petit con » , « tu vas bouffer oui » ainsi que leurs trente autres colocataires, ont la tristesse de vous annoncer le décès de deux de leurs compagnons, « tanoufle » et « bouguichou ».
Une cérémonie religieuse se tiendra dans la buanderie et l’en-flottement aura lieu dans les toilettes de la buanderie à 18h45.
Il n’y aura pas de carnet de condoléance.

Un verre du souvenir sera offert dans le salon (attention l’escalier) à tous les possesseurs de la carte de pêche dont la validité est en cours.
La rédaction présente ses plus sincères condoléances dans ces moments pénibles à la famille de Synope dont ce sont les 22èmes décès depuis trois ans.



Les Globules Roses

Les Globules Roses, j’en  parle souvent.

Ce sont des globules qui donnent le sourire, ce sont des globules qui vous disent que vous n’êtes pas nul et que rien n’est foutu.

On a tous vécu des situations extraordinaires, hors normes, fait des rencontres plus ou moins longues qui resteront à jamais marqués dans nos mémoires.

C’est ça un globule rose.

Je pense à ce voyage en ascenseur quand j’avais fait à 17 ans avec Maurice Béjart, un voyage de trente secondes, et cette sensation bizarre quand son regard d’un bleu clair et lumineux se posa sur moi. Son sourire timide. La porte de l’ascenseur s’ouvrait, il sortait et je restais là impressionné. Cette émotion m’accompagne encore.

Je pense à Madeleine, mon amie neuro-psy, qui m’a fait vivre des situations tellement cocasses qu’il n’y a pas une journée où je pense à elle, depuis trente ans et dont je vous parlerai dans un autre article.

Jacques Favarel, acteur et metteur en scène à Toulouse, atteint d’une tumeur au cerveau, qui m’a fait aimé Marguerite Duras et dont la voix était aussi envoûtante que la flûte du charmeur de rats d’Hamelin. Nous passions des nuits à parler de la mort, de l’apprivoiser, de s’en faire une amie.

Joel Chavagnac, mon prof de français qui nous parlait de certains de ses anciens élèves, une sorte de canonisation à mes yeux dont je voulais faire partie, fantasme réalisé quelques années plus tard.

Philipine, une autostoppeuse dont le trajet pour la ramener chez elle fut une aventure composée de sauvetage d’un fille, victime d’une agression, le repas de remerciement de ses parents gitan forain, une nuit passionnelle et le week-end terminé, le souvenir.

Voilà une partie de mes globules roses qui reviennent souvent le matin quand je suis seul devant la glace de la salle de bain et que je trouve qui rien ne va et que tout est nul, que je suis nul.

Alors un à un, ces globules reviennent et me chuchotent dans le creux de mon oreille :  » Christophe, réfléchi un peu; Tu as été capable de nous vivre car tu étais ouvert. Alors n’oublie pas que nous somme ta richesse, et que le temps que tu as devant toi peut t’offrir d’autre globules roses, alors finis de te raser, souris, habille toi (c’est mieux) et sort, sort avec tous tes sens en éveil, soit ouvert au monde et à l’heure ou la mode est à la chasse au Pokemon, soit attentif au globule rose qui va croiser ta route, car il va croiser ta route. » Alors je finis de me raser, je m’habille (c’est mieux) et chaque fois que je sors, mon œil regarde, mon oreille écoute et ma bouche sourit



Je suis mort.

Je bourre ma pipe et l’allume avec la flamme d’une allumette et n’ayant plus de vin rosé à boire, j’ouvre une bouteille de Martini que je mélange verre après verre d’un peu de Gin. Mélange interdit avec le lithium et autres pilules dont la prise apéritive associée, provoquent des effets anesthésiant la douleur qui étreint une poitrine renfermant  un assortiment d’organes blets me vieillissant avant l’heure.

Cette douleur, parfois, me fait dire que j aurais bien envie qu’elle œuvre pour m’emmener vers un ailleurs. Mais je ne crois pas en un autre ailleurs que celui d’une cendre versé au pied d’un Ficus s’épanouissant dans un pot et lui servir d’engrais. Et d’entendre, peut être : « t’as arrosé papa, il jaunit? »

Je suis mort, il y a bien longtemps, 36 ans exactement. J’avais 17 ans et je travaillais en apprentissage dans un hôtel, et comme souvent, je rentrais chez moi vers deux heures du matin, après avoir terminé mon service.

Je suis mort dans un parking, à 200 m de chez moi, pour avoir accepté de donner du feu à quelqu’un qui m’en demandait, la cigarette au bout des doigts, et je fus entraîné et maîtrisé dans le sous sol de ce parking.

Mes assassins étaient trois, trois gaillards qui assouvirent leur perversité, à coups de poings dans le visage, à coups de genoux dans le ventre, m’insultant de tous les mots orduriers. Surement pour que je n’ose bouger.  

Ils m’ont jeté et immobilisé sur le capot d’une voiture et pendant que deux me tenaient, le troisième baissait mon pantalon et me violait sans ménagement. Je comprenais que, sous la violence des coups de boutoirs, je n’étais pas un objet de désir mais juste un support d’un désir de destruction. Et toujours les mêmes coups et les menaces de mort. Puis le second inter-changea avec le premier et à nouveau ils recommencèrent à me tuer un peu plus.

Je ne sais plus aujourd’hui ce qui les fit arrêter, mais une fois seul, je me laissais glisser entre les voitures garées et restait là, prostré, vide, enfin mort. N’osant pas rentrer chez moi, enfin pas tout de suite, n’osant pas crier » au  secours »  de peur qu’on les retrouve et surtout, qu’ils me retrouvent.

Puis je suis rentré chez moi, ma mère dormait, habitué à l’irrégularité de mes retours de travail. J’allais me laver dans la baignoire sabot de notre salle de bain, me fit réprimander car je l’avais réveillé et mettait trop de temps à me doucher. Je ne lui dis rien de ce qu’il venait d’arriver, me séchais et partais me coucher sans dormir. Assis sur le sol de mon balcon, et fumant cigarette après cigarette, je ne retenais mes larmes en observant chaque instant défiler, de la nuit profonde jusqu’à la lueur du jour renaissant et du chant des oiseaux, que je ne voyais plus, que je n’entendais plus. J’étais assis et il n’y avait rien, rien d’autre que quelques larmes échappant à mon contrôle,  qui ne voulaient plus rien dire. Un mort ne pleure plus.

Je me mis à fumer du Haschich, de l’huile, de l’herbe pour retrouver le sommeil sans succès. Je me mis à boire, à boire beaucoup, verre que je mélangeais avec de la cocaïne pour qu’un instant je puisse me sentir illusoirement invincible et oublier les images qui revenaient sans cesse et qui reviennent encore aujourd’hui. Et toujours présent, le  souvenir du froid de la tôle du capot de la voiture.

J’ai mis trente ans à en parler, ma mère s’effondrait sur le canapé et dans mes bras car elle comprenait enfin pourquoi, avec la culpabilité de n’avoir rien vu, et la culpabilité de ne pas avoir essayé d’être allé plus loin pour essayer de comprendre pourquoi je n’étais plus ce Moi qu’elle avait perdu à mes 17 ans. Aujourd’hui,  nous ne pouvons plus en parler ensemble, elle est devenue victime de cette agression, elle aussi, et c’est pour cela que je ne lui dis rien, à l’époque. Mon père lui n’eut comme seule question que  de savoir si je m’étais débattu et quand je lui dit que non car  j’étais paralysé par la douleur et la peur,  il me dit alors que c’était bien fait pour moi et que je n’étais qu’un « PD », et à partir de ce moment là, il se comporta, alors qu’il vivait chez moi, comme un gallinacé  concurrent. Il voulut devenir le mâle dominant puisqu’à ses yeux, après avoir été le bâtard toute mon enfance, j’étais cette « tafiole » qui n’avait rien fait  pour se débattre. Lui qui sous une étiquette de commercial respectable était membre du SAC sous Pasqua et proxénète dans deux maisons closes. Il osa jusqu’à embrasser ma femme sur la bouche, un soir, après le repas, en allant se coucher. Il mourut peut de temps après en tombant dans les escaliers. J’en étais heureux, mon seul regret est de n’avoir pas été là.

 

Aujourd’hui, c est la colère qui me caractérise, la colère de voir, dans notre société, l’obligation d’être comme tout le monde, normal, médiocre, la colère d’un monde qui déjeune tranquillement devant « Les Douze coups de Midi » alors que l’on se noie en méditerranée pour échapper aux horreurs de la guerre, la colère contre l’individualisme où l’on ne se lève plus pour céder sa place dans le bus à une femme, la solitude de ceux qui n’ont rien d’autre que leur balcon les mois d’août pour se laisser caresser par le soleil, ma solitude. La colère contre moi d’abord pour ne pas comprendre pourquoi, qu’est ce que j’ai fais pour que ça arrive. La colère d’entendre que je n’y suis pour rien et que je n’y pouvais rien, la colère de mon immobilité face à la mort, de mon silence, de ma fuite perpétuelle vers un univers meilleur sans carte d’orientation pour le rejoindre, désir illusoire. La colère de n’avoir pas su quel mort-vivant j’étais devenu et que je suis encore. La colère d’avoir rejeté mon entourage sans avoir été capable d’entendre et de comprendre leur souffrance et de m’être réfugié dans un nombrilisme en leur fermant ma porte. La colère de n’avoir pas pu être un enfant jusqu’au bout La colère d’avoir envie d’aimer et d’avoir peur de ne pas savoir.

Alors, malgré tout ça, motivé par la  lâcheté de ne pas oser en arriver à ce désir profond de mettre fin à mes jours, je continue d’essayer de vivre avec l’aide de ceux qui croient en l’espoir et ceux qui croient qu’ils sont utiles. Je ne peux que continuer à vivre puisque je suis déjà mort. 



VSL mon amour

Il est dans la salle d’attente du bureau des sorties des urgences après une douleur thoracique, il attend son véhicule pour rentrer chez lui qu’une infirmière du service a appelé, il est fatigué, épuisé. Soudain, un homme énorme, en survêtement, le ventre sortant du dessous de sa veste, entre dans la salle, se dirige vers les guichets et s’adresse à la préposée. Elle est jolie, l’homme est séduit et la regarde avec un regard béat et cromagnonesque et prends le temps de discuter avec elle. On entend dans la salle d’attente : »elle est à jour sa CMU » il sait que c’est pour lui. Enfin, il va pouvoir rentrer chez lui. Il est de plus en plus fatigué. Et l’homme continue de jouer les jolis cœurs frottant son ventre contre les angles du bord du comptoir. Ils le font tous, lui ses collègues, ses concurrents. Dix minutes, puis dix autres et encore dix autres. Il en à marre d’attendre le bon vouloir du chauffeur au parfum de rut, il se lève, prend ses sacs en mains, se poste devant l’homme qui le regarde. L’homme s’en fout, il s’enivre de phéromone et continue sa litanie baveuse de poète qui poète plus haut que son luth et encore dix minutes de plus. Il en a marre se présente devant le bureau de la tourterelle qui lui demande  » Vous désirez? »  » Je pense que c est monsieur qui me ramène ? » « Oui, c est lui »  » Alors on peut y aller, je suis prêt!!!!!!!!…..depuis une demie heure!!!!!!! »
Lui et l’homme se dirigent vers le véhicule, chargent les bagages dans le coffre, sans un mot, montent chacun à sa place sans un mot et démarrent le voyage du retour, sans un mot.
Effrayant, l’homme dépasse les limites de vitesse sur une route mouillée, 90 au lieu de 50, 115 au lieu de 90 et 135 au lieu de 110, sans un mot, lâche le volant d’une main pour boire une boisson énergisante. Il est pétrifié et n’ose que dire. Il espère qu’il ne retournera pas dans les moments futurs aux urgences, il en sort, ce serait trop con. Au abord de son domicile, l’homme traverse des zone de travaux interdis à la circulation en pestant de n’avoir été prévenu. (Bien sur, la DDE va t’appeler gros con à chaque fois qu’ils mettent du goudron sur la route). Ce n’est pas à son habitude d’avoir peur en voiture mais là oui et s’enferme dans une prière d’espoir,  d’arriver chez lui, entier, prières envoyées à Dieu, à Bouddha, à Hallah, à Krischna, à la DDE. Il arrive enfin, L’homme essaye d’ouvrir son coffre sans sortir de la voiture, ça ne marche pas, L’homme doit éteindre son moteur et sortir son séant de son siège. L’homme se met en colère contre la marque de son véhicule après s’être mis en colère contre les travaux.
Il passe la porte de son portail, bagages en mains, soulagé de l’avoir vu repartir.



Ma Grand Mère

Ma grand-mère nous a quitté un Dimanche à la suite d’une maladie qui s’appelle la vie et qui parfois s’acharne sur les gens à les faire vivre au delà de ce que la conscience ne pourrait supporter.

Elle était dans le coma, sans aucune alimentation mais sous perfusion, son coma à duré plus d’une trentaine de jours et petit à petit les signes cliniques nous indiquaient qu’elle se rapprochait trop lentement de l’issue inévitable et salvatrice.

Et bien avant ce coma, déjà et toujours lentement et toujours  inévitablement, elle perdait avec conscience l’usage de son autonomie et de sa dignité, en espérant de tout son être que ce Dimanche là puisse arriver plus vite qu’il n en a été.

Le dévouement de ses filles fut sans pareil, attentives au moindre besoin, anticipant l’éventuel inconfort de l’alitement prolongé, imposé, inévitable, l’entourant d’une tendresse bienveillante et accompagnante, apprenant aussi le langage de ceux qui ne peuvent plus s’exprimer. Et ma grand mère, se voyant à la merci des soins et des attentions qu’elle nous prodiguait quand nous mêmes étions enfants, avec la détresse dans son regard face cet acharnement de vie que notre bonne conscience judéo-crétine nous force à la faire loi fondamentale, sans entendre le désespoir de ceux et celles qui n ‘en veulent plus, qui n’en peuvent plus.

Je ne suis pas en colère contre la mort, depuis le temps elle est devenue mon amie inévitable que j attends à ma table le verre à la main, la musique joyeuse et les rires tonitruants; à l heure qui lui conviendra.

Qu’elle me laisse le temps d’armer mon petit, mon grand, mon tout, mon fils, mon immortalité.

Je suis furieux contre les penseurs, contre les législateurs se refusant à comprendre que nous ne sommes pas des assassins si nous croyons que nous avons le droit de choisir le moment de notre mort avec l’aide, qui devrait être dépénalisée, de ceux qui savent.

Je suis heureux que ma grand-mère soit partie, heureux qu’elle n ait plus à subir le regard qu’elle portait sur ce qu’elle devenait. Je suis soulagé qu’elle n ait plus à subir des services de soins ou même, en fin de vie, la notion de rendement, de rentabilité, et un peu plus, prime sur la dignité humaine.

Je suis heureux car nous nous sommes dit au revoir lorsque sa conscience était encore.

Je la porte en moi car je suis aussi elle, nous la portons en nous car nous sommes aussi elle et ainsi nous lui permettons de rester parmi nous (miaou).



les souris

Voulant faire juste un plat de pâtes, je cherchais depuis une heure mes bouillons cubes, acheté la veille au Carrefour Marquet. Sur l’étagère, rien. Dans le frigo, rien non plus. Oui le frigo, j y ai déjà rangé mon tabac et mes chargeurs de téléphones. Je filais dans le coffre de ma voiture et fouillait dans les sacs de courses que méthodiquement, je range à chaque fois après les avoir vidés en prévision d’autres courses.

Dépité, une clope à la main et le café dans la même, j’abandonnais l’idée bien gourmande et me consolait sur un fond d’haricots blancs à la tomate, cuisiné par votre serviteur. Quand, assis à ma table avalant goulûment les cuillères, les une après les autres (Hé!!! ma mère est en clinique et mon fils chez la sienne, je me lâche.) j apercevais un petit bout de truc coincé sous la plainte du meuble de l’évier. Je l’enlevais et découvrais mon paquet de bouillon. Enfin, ce qu’il en restait.

Il était là éparpillé au milieu de morceaux de laine de verre.
J’ai des souris à la maison.



Docteur es spiritualité, qui fait rire.

Mail reçu

Bonjour,
Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi: nous avons eu une conversation il y a quelques temps concernant votre situation.

Figurez-vous que cette nuit, j’ai eu un flash et vous en étiez le personnage principal !

Je vous avoue que cela m’a intrigué, je me suis donc levé pour faire une étude sur votre cas.

Ce que j’ai découvert vous concernant est incroyable !! Il faut que nous en parlions le plus rapidement possible car il va y avoir de gros changements dans votre avenir proche !

Ce qui va vous arriver est exceptionnel: n’attendez plus et cliquez ici pour que je puisse vous expliquer ce que j’ai vu.

Je sais que vous vous demandez souvent si vous avez pris la bonne décision ou fait ce qu’il fallait, mais maintenant il n’y a aucun doute pour moi que cliquer sur ce lien dès maintenant sera la meilleure décision que vous prendrez aujourd’hui.

J’attends votre réponse avec impatience.

Votre ami,
Chris

Ma réponse :

Mon Cher Chris,

En effet je ne me souviens pas de vous, la raison est que nous  n’avons jamais eu cette conversation que vous prétendez avoir eu avec moi. Je pense que vous ne connaissez pas ma situation. En effet, vous avez raisons il va y avoir de gros changements dans mon avenir proche et figurez vous que je connais lesquels. Vous n’imaginez pas à quel point ils sont exceptionnels. Figurez vous qu’au contraire vous ne savez pas si je prends la bonne décision ou pas, car vous répondre pour le jeu et vous dire qu’il n est pas question que nous en parlions le plus rapidement possible et je ne doute pas que cette première décision en soit une bonne, puis je ne cliquerais pas sur votre lien, deuxième décision que je trouve sans aucun doute excellente et comme je suis généreux je vous signale comme spam, et de trois.

Voila mon cher ami, vous attendiez ma réponse avec impatience, vous l’avez. L’aviez vous subodoré dans vos flashs nocturnes? La voyance ne devient elle pas ainsi une dénomination usurpée ?
Vous embrasserez de ma part votre voisin d ‘en face Mamadou Youndou..quelquechose qui me prédisait la réussite d’un permis acquis depuis plus de trente ans, j’adore votre corporation de gens sérieux.

Vous conviendrez qu’il est temps de passer à des choses plus sérieuses.

Bien à vous, Christophe



Le Fascisme qui côtoie les boîtes de conserve.

Voulant faire une salade fruit, j’allais dans une petite alimentation de l’Isle Jourdain où j’ai l’habitude d’acheter ce que j’ai oublié ailleurs. Donc deux boites d’ananas en morceaux. La discussion à la caisse tourna à un discours fascisant où en résumé, la France était un pays trop assisté, le problème de l’emploi était du aux arabes, aux handicapés, et aux jeunes qui ne veulent pas travailler. Pourtant il leur prenait leur argent, car il fait du commerce.

Attendez, me vient une ampoule au dessus de la tête.( oh ça va, on me l’a,déjà faite). Si je suis un brave et honnête commerçant, jaloux, râleur, patriote, définissant le mal de la France, donc l’ennemi de la France mais continuant à faire du commerce avec l’ennemi, je suis un….. un……un……. Flûte ma tête  d ampoule s’est éteinte,( oui je la fait comme ça on reste amis.)
J’ai bien pensé au lance roquette anti-char, à la super glue dans toutes les serrures des portes d’accès au magasin. Le Tag « Fasciste » sur la devanture. Mais inutile le tag y est déjà, » PETIT CRETINO ».

Je me surpris à passer devant, alors que je ne faisais qu’aller faire les emplettes normales que chacun peut faire chaque jours, droit comme un I majuscule avec un point (depuis que je me rase la tête, je ressemble à un I majuscule avec un point.) sans tourner la tête vers la vitrine. Et je me suis trouvé ridicule. Pourquoi je devrais bloquer le point de mon I alors que normalement il à un mouvement rotatif à faire pâlir le matériel de renseignement du service action de la DGSE, quand je me promène dans la rue en quête d’informations primordiales telles que la vélocité de la mamie et son déambulateur, que j’aide parfois à traverser la rue en espérant faire râler le pignouf en 4*4 rutilant, vierge de toute trace de boue. Le sourire épanoui de la jeune femme sortant de Pôle Effroi à qui l’on vient de réduire les allocations pour cause de trop perçu, ce trop perçu provoqué par inattention du préposé à la mimique béate du pré-pubère, éructant un beuaaaahhh Hollandesque, au passage de sa collègue dont les moulures du jean sont digne de celle que l’on trouve dans les appartements des immeubles Haussmanniens, lui faisant se tromper de touche sur son clavier d’ordinateur. La file d’attente de la Pharmacie ressemblant à celles que l’on trouvait en Russie et que l’on peut rencontrer maintenant en Amérique du Sud. Serions-nous en pénurie de médocs ? Vite il faut que je pense à aller voir mon médecin.

Non bien sûr, depuis je passe devant le magasin, la tête tournée vers la vitrine, en regardant bien à l’intérieur, le point levé.



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